mardi 5 février 2008

"Hot Dog" box 3




"Hot Dog", espace-corps


Dans le troisième box de " Hot Dog ", titré schizophrénie , l'on pouvait voir un ensemble de peintures sur papier de différents formats, présentant des corps, à mon sens en formation, plus que déformés. La série des ovales jaunes, ainsi qu'un format de 400 x 300 cm intitulé le naufrage de Matisse ( une danse macabre de chiens écrasés ), et des travaux plus modestes représentant des os et /ou des roches nommés " scoubidou, balto, rintintin, pluto,cubitus, bill...", se partageaient l'espace séparé en plusieurs cloisons... Les marionnettes "entre chiens et loups", étaient quant à elles enfermées dans une très petite cabine totalement obscure, de la taille d'une personne, où l'on pénétrait muni d'une lampe torche... des dessins, des collages accompagnaient ces marionnettes... une bande-son retranscrivant les propos d'un schizophrène habitait la pièce, amenant peu à peu le spectateur de l'installation à comprendre que nous étions bien les chiens de cette exposition...

lundi 4 février 2008

"Hot Dog" Chiens de Jarry (2)


Cette suite était présentée dans le deuxième box de "Hot Dog", avec une série photographique de petit format me représentant à la morgue sur la table d'autopsie.

(...)"L'homme est un chien qui dort, jamais on aurait dû l'éveiller et le soustraire au cercle de ses relations d'affaires pour le ramener à la maison. Il porte son arme sous la ceinture. Elle vient de partir comme un coup de fusil. La mise est perdue." (...)
Elfriede Jelinek LUST

samedi 2 février 2008

"Hot Dog" Chiens de Jarry.


La série intitulée "chiens de Jarry" est une suite de peintures réalisée dans l'urgence d'un vouloir-dire trop longtemps empêché. C'est avec les jus de peinture gris et puants constitués au fond des récipients servant au rinçage des pinceaux que j'ai commencé cette série. Ces jus presque pourris faisaient étrangement écho à ma pratique trop longtemps tenue en laisse. Ils ont constitué le fond du discours et le fond des représentations. Chaque chien est né d'un coup, sans dessin préalable, pur produit d'une mémorisation approximative de chiens croisés ça et là... A l'origine il y avait 17 peintures, mais 5 d'entre elles, jugées justement trop approximatives, ont fini fragmentées puis collées/intégrées dans les grands paysages de 2006...


extrait du catalogue:


( extrait notes mars 2005 )
« (…) trouvé dans le livre de Christian Bobin, le très bas, cette magnifique petite phrase, elle-même empruntée à l’ancien testament ( livre de Tobie ) : « l’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière. »…Presque un Haikku. D’où peut-être, de nombreux chiens croisés dans mon enfance se prénommant Tobie !
Je démarre en furie une série de peintures en noir et blanc, quatre en même temps, je ne sais pas encore combien je vais en faire, représentant des chiens un peu misérables, un peu philosophes, traités en silhouette sur un fond remué. Je cherche une manière de rappeler le dispositif photographique ( rappel : 12 photos de chiens réels crevés en format horizontal face à douze photos de chiens artificiels en vie en format vertical ). »

( extrait notes avril 2005 )
« (…) 6 peintures de chiens vus de jour, 6 peintures de chiens vus de nuit. Formats identiques, acrylique et gouache sur papier…Ca fuse à pleine vitesse, c’est peint à l’arraché ( depuis tellement longtemps en sommeil ! ), balancé dans l’urgence, comme lors d’un crash automobile : pas le temps de freiner… Titre de la série en deux volets ( au mur, les deux groupes face à face ) : chiens de Jarry, car Jarry est le haut lieu de l’errance canine et du trafic automobile anarchique et malpoli ( pour ne pas dire carrément dangereux )… »

vendredi 1 février 2008

"Hot Dog" les sculptures photographiées du premier box





extrait du catalogue...


( extrait notes juillet 2003 )
« (…) Me voici parti à sculpter un chien en polystyrène, il est debout, il marche, tranquille… je pense le prendre en photo. »

( extrait notes octobre 2003 )
« (…) les photos des quatre chiens en volume réalisés jusqu’à présent rejoignent la sélection des photos de chiens écrasés, ils seront leur vis à vis ( plutôt « vise à vie » d’ailleurs ). Les volumes sont fragiles, ils sont fabriqués seulement dans le but d’être photographiés. Ils ré-insufflent un peu de vivant dans cet espace de mort que sont les clébards décharnés, ils sont ma façon de concevoir l’art ( un exercice cathartique énonçant son pouvoir de redonner vie ou tout au moins permettant de ne pas se laisser mourir de routine)… Il est fondamental que ces volumes de chiens « en vie » ne survivent pas à leur enregistrement photographique, seule la photo témoignera de leur existence, aussi vais-je systématiquement les détruire au fur et à mesure de l’avancement du projet. Ces sculptures ne doivent pas devenir des objets, elles doivent retournées dans le registre des images, et devenir elles aussi des peintures possibles… »

une réponse simple à l'angoisse ( 2 )


Les "a-tatouages" à paraître prochainement : les "a-tatouages frontaux". En attendant, en voici quelques uns qui ont immédiatement suivi le vernissage de "Hot Dog". Si ma mémoire est bonne, le vernissage a eu lieu le 5 mai 2007, jour de la retransmission en direct du débat sarkozy-royal. Conséquences, toute ma famille et l'institution présente ( merci à eux ) et à tout casser 6 collègues profs et/ou plasticiens... en revenant du vernissage, les "a-tatouages" sont nés...

la tentation du paysage mental




Ce triptyque n'a pas pu être présenté dans la première exposition " Hot Dog" , jugé trop... pornographique (?) pour un public avant tout lycéen. Cette censure est à bien des égards interessante, puisqu'elle nie, ou ignore plus certainement, à sa manière, la force interne de la peinture: cette force qui est de fixer durablement une expérience du visible, d'en faire un "sujet" immédiatement perceptible, inscrit dans le présent de sa réception par le spectateur, alors même que ce sujet est né lentement, par stratifications temporelles, rendues invisibles...

On a donc vu dans ces peintures autre chose que de la peinture. C'est prioritairement l' image qui l'a emporté sur le sujet.

Certes, des photos cochonnes n'auraient pas non plus été acceptées, pour les mêmes raisons que ces peintures. Mais ce type de peinture pose justement la question de l'écart entre réalité photographique et réalité picturale... Ainsi l'obscénité des corps baise encore la corporéité obscène de la peinture . Serge Daney a donc raison, le visuel triomphe sur le visible.