vendredi 19 septembre 2008

art ménagé






De la sculpture spontanée en Guadeloupe et du ready made fatigué:

La série de photographies "art ménagé" joue sur l'ironie et la parodie de l'art minimal et post-duchampien. Où comment faire de la sculpture sans se fatiguer.


Ayant quelques caractéristiques communes avec les chiens écrasés de "Hot Dog", les photographies d' "art ménagé" exposent les entrailles métalliques et plastiques de nos appareils ordinaires de civilisation, en même temps qu'elles trahissent l'invasion elle aussi ordinaire (hélas) de nos déchets et rebuts dans l'espace naturel.
Ces carcasses volumineuses et blanches se présentent à nous comme des sculptures minimales, agencées sans souci d'art par le quidam. Anti-esthétiques au même titre que tout ready-made Duchampien, éphémères comme les interventions d'un land artiste, elles posent gravement dans le paysage la trace d'une humanité consumériste et irresponsable.
Manifestation d'anti-art, elles remettent également en question la sculpture de ronde-bosse des espaces publics Guadeloupéens, essentiellement consacrée aux figures héroïques.
Ici point de héros à l'honneur, mais plutôt la déchéance du Roi Arthur (Martin), du Prince Scholltès, de la Reine Indesit....
Si The fountain et son immaculée céramique tordirent le coup au savoir faire de l'artiste, gageons que ces "frig-horrifiques" clichés déjouent à leur tour le ready-made, en nous montrant à quel point le discours de l'objet technique éclatant a son revers....
Le ready-made, messieurs, est fatigué.

corps-espace ( mars-mai 2006)



Ce travail à l'acrylique ( mai 2006) de deux mètres sur deux environ a été le premier de la série sur le corps-espace. Son aspect floral et un peu trop coloré me dérangeait; je le redécouvre avec une certaine surprise. Sa structure est davantage évocatrice de l'arbre, sa palette ne me parait plus aussi improbable qu'au moment de son effectuation, et je me remémore la peine éprouvée à intégrer des fragments de papiers noirs brillants dans des noirs plus mates...Comme quoi, il faut parfois quelque distance, hors affect immédiat, pour juger de l'ampleur et de l'intérêt d'une peinture...

exo-squelette (2)




petits dessins à l'origine insérés dans un film d'animation, ces figures d'insectes sont en réalité des hybrides entre plusieurs espèces, dont les modèles photographiques furent empruntés sur un site consacré aux insectes de la Caraïbe. Entre crayon à papier et stylo à bille, ces dessins datent du mois d'avril dernier.

exo-squelette




Dessins, sculptures éphémères et peintures constitueront cette nouvelle série questionnant à nouveau l'animalité humaine... l'insecte comme figure récurrente, entre l'insignifiant et le grandiose, le grégaire et l'individuel... exo-squelette , qui démarre avec cette publication, avancera sans doute au pas cadensé de la chenille rasta, et connaitra quelque accélération brusque telle qu'en sont capables les fourmis noires.

mercredi 3 septembre 2008

je l'avais oubliée, celle-là




Séance d'a-tatouages du 28 mai dernier. Sans commentaire...

lundi 1 septembre 2008

Finalement .


Faute de prises de vue conservées, vous ne verrez pas les étapes successives du travail entre la mi avril et le début juillet...


1er septembre: épuisement décisif.

Quest-ce qu'une peinture achevée sinon une oeuvre se tenant à la lisière du "trop" et du " pas assez"? La voici donc terminée, synthèse finalement, des deux interrogations menées de front sur le corps et le paysage. Si les parties restent disjointes dans la spacialité de l'oeuvre, il n'en reste pas moins qu'elles se font écho, que l'une et l'autre se seront "cherchées" dans leurs contradictions et complémentarités.

Je suis dans l'univers de François Weyergans. Comme son rapport à l'écriture, je dirai que la peinture est une course poursuite contre l'oubli, un exercice de mémorisation. " Peut-on se souvenir de tout?" est la question vagabonde qui traverse "3 jours chez ma mère". Entre fiction et autobiographie, Weyergans lance des pistes en tout sens, réanime les souvenirs qui, comme des sutures, élaborent le récit fragmentaire et chaotique de l'écriture d'un ouvrage dont l'accouchement relève de l'impossible. Dispersions en boucles, qui font "oeuvre"...

Toute trace en peinture est trace mémorielle; chaque chemin, même abandonné, s'inscrit dans le processus et le guide de façon sous-jacente.
Détournement d'un bout du texte de Weyergans, malhonnêtement adapté pour servir mon propos:
" S'accepter tel qu'on est demande une humilité quasi évangélique, et s'il avait appris que l'humilité consiste à prendre conscience de la distance infinie qui nous sépare radicalement de Dieu, la peinture lui faisait prendre l'amère conscience de la distance qui le séparait de lui-même."

samedi 5 avril 2008

inachevé ?


Première sensation d'acheminement vers un possible arrêt volontaire... Laisser la peinture ainsi pendant quelques temps, la décrocher et la rouler, avec le sentiment toujours un peu étrange d'une illégitimité à la conserver en l'état...


Souvent la cohérence d'une peinture ne trouve sa logique qu'en regard du travail suivant, comme s'il m'était nécessaire de rajouter des pièces au puzzle laissé à l'abandon en jouant sur un autre territoire. Extension permanente de la question, qui dans son inachèvement, se regarde encore comme question... "L'art, c'est de brûler les questions" disait Artaud... pas forcément d'accord... A moins d'entendre la chose comme ceci : suspendre la question, c'est toujours lui donner un terme. Reprendre à partir de la question, c'est en faire naître une autre, qui à son tour, dans sa suspension, en fait naître une autre, qui à son tour.....