samedi 10 janvier 2009

les facteurs rhésus



Ce titre fut initialement celui d'un diptyque offert à des amis. Il reparaît aujourd'hui pour cette série nouvelle, articulée autour de l'oeuvre les grandes feuillées de Titus-Carmel, que je tente de digérer doucement. Révélation de l'été, l'exposition du peintre à Compiègne m'a fait frémir: la radicalité picturale de ce maître le rapproche de Matisse (dernière décennie, celle des collages et papiers colorés). Même aisance du métier, même force du propos, sans détour, d'une joie à peindre, d'un désir d'expérimentation.
Commencée dans les premiers jours de novembre, achevée le 5 janvier dernier, cette peinture sur papier mesure 245 x 293 cm. Corps et paysage apparaissent non plus entremêlés mais distinctement séparés, chacun dans son espace propre. La filiation avec le triptyque " le rêve de la nuit d'avant" semble évidente. La nature ici devenue motif ( merci Titus-Carmel), encadre un homme de dos à la poursuite de son coeur envolé / décroché / minéralisé... Encore une fois au carrefour de plusieurs séries, on retrouve outre les teintes propres à ma palette de prédilection, des formations organiques , un corps tronqué, une croix ( ou davantage le signe + du facteur rhésus O positif ).

vendredi 7 novembre 2008

envisager l'impasse 3





Et les portraits en buste de continuer leur chemin, jusqu'au raz le bol (voilà bien un programme !)... Il y a bien eu entre temps l'ébauche d'un espace corps, qui attend son prolongement en diptyque, et que je n'ai pas encore photographié ( un vert bouteille à deux endroits me hérisse le poil, mais je n'arrive pourtant pas à m'en débarrasser. A suivre...

mercredi 5 novembre 2008

jeudi 23 octobre 2008

mémoire sauvée du vent

C'est le titre d'un petit film d'animation, mon premier, réalisé entre mars et avril dernier, avec des moyens plus que rudimentaires (mais c'est son charme, si charme il y a):le logiciel Paint que nous avons tous dans nos ordinateurs, ainsi que Movie maker, lui aussi dans nos bécanes domestiques.



lundi 6 octobre 2008

envisager l'impasse







Le livre de weyegans Franz et François n'est pas très gai. Avec beaucoup d'humour mais aussi un profond désenchantement , l'auteur narre 20 ans après la mort de son père, les attachements et trahisons qui ont marqué leur relation. L'incroyable travail de mémoire dont fait preuve Weyergans ( ou Weyergraf le narrateur, puiqu'il s'agit peut-être d'une fiction après tout) pour se rappeler de tout est stupéfiant.... Je pense de plus en plus que ces visages sont venus de cette combinatoire Rembrandt/Weyergans. Pour plusieurs raisons: la première c'est l'aspect mélancolique du portrait en tant que genre, de l'autoportrait concernant Rembrandt. La seconde c'est le contre-coup de ma lecture, qui m'a baigné pendant plusieurs jours dans ce souci de vérité, celle du portrait (littéraire cette fois) le plus juste d'un père et d'un fils. La mélancolie a dû me cueillir au moment propice, et j'ai moi aussi fait mon introspection de l'impasse de mes relations humaines en ce pays. J'ai "envisagé" l'impasse relationnelle qui est la mienne en représentant des personnes inexistantes, immatérielles, potentiellement "possibles"... Je me suis créé des êtres de papier et de peinture pour combler le vide de mes amitiés.

insectes humains ?




Ne jamais se fixer un programme !... Fermement décidé à me lancer dans des représentations d'insectes, je me retrouve soudainement à faire des visages....A l'inverse de Kafka, ma pensée coléoptère exo-squelettique s'est mise à prendre chair dans de l'humain. Lapsus visuel ? Cruauté cachée ? insectes humains ? Je ne comprends moi-même pas bien la nature de ce virage qui s'est opéré tout seul, alors que mes "teintes à insectes" commençaient à me satisfaire, que ma palette se chargeait d'ocres jaunes et rouges susceptibles de dépeindre correctement les élytres et carapaces de quelques bestioles à six pattes...


Bon, allons-y pour des visages me dis-je, puisque la peinture me fait faire ce qu'elle veut (vous ai-je dit qu'elle était plus forte que moi ?).


Ces figures sont venues d'elles mêmes, ce sont de pures peintures d'invention, ces gens n'existent pas, ils sont sans doute une synthèse cérébrale de tout un chacun, monsieur et madame Toulemonde, de personnes anonymes croisées chaque jour et que mon regard emmagasine puis recombine.


Aucun d'entre eux n'a été préalablement dessiné, ce sont les jus premiers qui ont déterminé leur présence définitive....Un jeu en quelque sorte, où la question aurait été: " laissons voir ce qui va sortir du chapeau (ou de la marmite)"...


Mais tout cela, c'est encore à cause de Weyergans, et de son livre délirant Franz et François. Toujours la mémoire


Et puis à cause de Rembrandt, sur qui je me suis arrêté plusieurs fois ces dernières semaines, en me disant qu'il pourrait m'apporter quelques leçons de savoir-faire / savoir-penser.


Bin alors, ces visages, c'est des exercices ? C'est bien possible en effet, mais j'ai tout de même l'intention de les associer à autre chose dans le cadre d'une exposition, qui leur donnerait une toute autre allure... Des insectes ?...